Le baron d'Hyères et sa famille (1426-1576)
Tout ce que les archives gardent de Pierre Rodulphe, officier du roi René qui tint Hyères, et des siens.

Enquête en cours : cette chronologie évolue encore au fil des recherches en archives.
Pierre Rodulphe, dit le baron, n'est seigneur d'aucune baronnie. Le surnom le suit depuis son service en Calabre, dans les années 1420 et 1430, et les actes l'emploient autant que son nom : en 1444, le roi René institue châtelain d'Hyères « petro rodulphi, alias le baron ».
C'est un officier du roi. Il tient le château royal du Luc, puis la viguerie et le château d'Hyères, commande la défense de la côte comme capitaine de la marine de Provence, et siège au conseil du roi. Son frère Jean tient Brégançon. Sa femme, Pollixène d'Abisse, est d'une famille d'officiers royaux qu'on trouve à Hyères, mais qui pourrait venir de Châteaurenard, où vit en 1487 son frère Giraudin. Leur fils Louis, seigneur de Limans, lance le projet du Béal, et la famille garde des parts du canal jusqu'en 1576. Le château qu'ils ont tenu a sa propre frise, celle des châtelains d'Hyères.
Les actes latins écrivent Rodulphi, les registres provençaux Ros ou Raoux, les comptes du roi Raoul. La forme retenue ici est Rodulphe, celle de l'histoire locale imprimée depuis Denis.
La frise rassemble tout ce qu'on sait de lui, actes sûrs comme fragments connus par un seul regeste : la puce de chaque étape en dit la fiabilité.
Couleur des pucesActe primaireSource secondaireHypothèse
décision ou présence du roicontrat, convention, testamentgage, prêt, vente, impôtprocès, enquête, justicedélibération d'un conseileau, moulins, canauxconstruction, démolitionmer, galères, navigationinspection des défenses
26 septembre 1426Pierre Rodulphe afferme les poids et mesures de Calabre
À Aversa, près de Naples, la chancellerie de Louis III d'Anjou confie pour cinq ans à Pietro di Radulfo l'administration des poids et mesures de Calabre : il en perçoit les droits et en répond au roi. C'est le plus ancien acte connu qui le nomme, sept ans avant qu'il n'apparaisse en Provence.
La ferme est réattribuée le 25 mars 1431. Rien dans l'acte ne relie ce Pietro aux Radulfo de La Bréole, autres officiers angevins que le même registre nomme en 1425 : c'est l'index de l'édition qui les regroupe.
Source secondaire I Registri della Cancelleria Angioina, série I, vol. XXXIV, Registrum Ludovici Tercii (1431-1434), éd. Isabella Orefice, Naples, Accademia Pontaniana, 1982, doc. 447 (Aversa, 26 septembre 1426). Réattribution : doc. 553. Connu par le regeste de l'édition. L'identification avec le baron repose sur le nom, le surnom donné six ans plus tard au même registre et la chronologie.
7 octobre 1432Le surnom de baron apparaît à Cosenza
En Calabre, Louis III fait don de soixante florins à « Pietro Radulfi alias Le Baron ». C'est la plus ancienne mention du surnom, dans la forme même que reprendra son testament.
Source secondaire Registrum Ludovici Tercii, éd. Orefice, doc. 629 (Cosenza, 7 octobre 1432), f° 351 du registre. Regeste : « Dona a Pietro Radulfi alias Le Baron la somma di sessanta fiorini ».
2 juin 1433Un officier du roi prend le château du Luc
Pierre Rodulphe a passé les années précédentes au service angevin dans le royaume de Naples, où il tenait la ferme des poids et mesures de Calabre. C'est là qu'il porte pour la première fois le surnom qui ne le quittera plus : lou baroun, « le baron ». Il n'est seigneur d'aucune baronnie, et le surnom lui est attaché bien avant qu'il ne tienne le moindre fief. Le registre du conseil d'Arles l'inscrit viguier de la ville, c'est-à-dire juge royal, et dans la même ligne châtelain du château royal du Luc : il y garde la place pour le roi.
Acte primaire Archives communales d'Arles, BB2 (1433-1449), vue 11 : ouverture du premier conseil de l'année, « Primum Consilium de tempore », avec la mention marginale « Lo Baron ». Comptes CC2 pour la capitainerie du Luc, encore tenue en 1434. Le surnom est attesté sur lui dès le 7 octobre 1432, dans un don royal de 60 florins reçu à Cosenza (registre de la chancellerie angevine, f° 351).

25 mars 1434À Arles, lieutenant du sénéchal
Le registre du conseil d'Arles donne au baron son titre complet : lieutenant du sénéchal et juge de la cour de la capitainerie. C'est la charge que l'inventaire du XIXe siècle appelle « viguier ». Il préside la justice royale de la ville pour un an, jusqu'à l'installation de son successeur le 17 juin 1434.
Acte primaire Archives communales d'Arles, BB2, vue 26 : « locumtenens Senescalli et Judex curie Capitanie ». Nouveau mandat ouvert à la vue 31 (17 juin 1434). Le nom du successeur se lit de deux façons : Louis Gantelme, seigneur d'Albaron, selon l'inventaire, ou Louis Spinalini selon une première lecture.
1434Arles paie son viguier et le gouverneur
Le trésorier d'Arles verse cent florins « au viguier, Pierre Rodulphi », écuyer du roi et capitaine du château du Luc, pour une dépense faite sur la gabelle. Sur la même page, il en verse quatre cents au gouverneur de Provence, Pierre de Beauvau.
Source secondaire Archives communales d'Arles, CC2, comptes trésoraires de 1434, connus par le regeste de l'inventaire : « Pierre Rodulphi (vulgo Raoux) », « capitaneus castri regii de Luco ».
7 août 1434Bernard d'Abisse, bailli du Luc
Au Luc, le conseil de la communauté s'assemble au son de la cloche devant le noble Bernard d'Abisse, bailli de la cour royale du lieu, c'est-à-dire le juge que le roi y entretient. Il préside encore la séance suivante, le 14 août. Au début de l'année 1435, la communauté le paie comme vice-châtelain du Luc : il tient le château royal au nom du châtelain en titre.
Acte primaire Archives communales du Luc, BB 1, registre des délibérations (microfilm AD83 1 Mi 173), f° 7 (vue 0008) : « coram nobili viro bernardo de abisso baiulo curie castri de luco ». Séance du 14 août 1434 au f° 8 (vue 0009). Au f° 13 (vue 0015), en 1435 : « nobili bernardo de abisso cl[av]ario et vicecastellano dicti loci », la lecture « clavaire » restant incertaine. Le châtelain en titre n'est pas nommé dans ces séances. Rien n'établit par un acte que ce Bernard est le viguier d'Hyères de 1458 : c'est le même nom, le même rang et la même carrière d'officier royal.
15 avril 1438Un Rodulphe payé en sel
Jean Rodulphe, frère de Pierre, tient alors le château d'Hyères après avoir tenu celui de Brégançon. Il a avancé de sa poche 34 florins de réparations à cette dernière forteresse. Le roi le rembourse en nature : le droit d'enlever pendant trois ans, sans payer la taxe, du sel du grenier d'Hyères.
Acte primaire AD13, série B, registre B11, vue 0656. Lettres « Pro nobili Johanne Rodulphi », qui le disent ancien capitaine du château neuf de Brégançon. La fraternité des deux hommes n'est pas dans cet acte, elle est écrite dans les lettres royales de juillet 1440. Le sel s'enlève par mer, en quantités croissantes d'une année sur l'autre, sur la gabelle et le grenier d'Hyères.
26 décembre 1439Jean Rodulphe quitte le château, pour Brégançon
Aussi dans Les châtelains d'Hyères (1257-1620)
26 avril 1440Jean Rodulphe remplace son frère à Brégançon
Le lieutenant général du roi, à Aix, institue Jean Rodulphe châtelain du château neuf de Brégançon, la forteresse qui garde la côte à l'est de la rade d'Hyères. Il y remplace son frère Pierre Rodulphe, « naguère châtelain dudit château », que l'acte révoque expressément. Jean avait été écarté du château d'Hyères le 26 décembre 1439. Il retrouve à Brégançon la place qu'il tenait déjà avant 1438, et que son frère occupait depuis.
Acte primaire AD13, série B, registre B13, vues 0161-0162 : « ammoto et penitus reuocato nobili petro Radulpho olim dicti Castri castellano ».
21 juillet 1440Jean Rodulphe tient Brégançon à vie
Du Castel Nuovo de Naples, le roi René reprend l'acte d'Aix et va plus loin. Jean Rodulphe tiendra Brégançon à vie, comme châtelain et capitaine. Il y détient la justice haute et basse, le nombre accoutumé de compagnons, les droits des bois et de la pêche en mer. Ses gages, 500 florins pour lui et ses compagnons, sont assignés sur les salines de Tarascon.
La lettre nomme le prédécesseur : « le noble Pierre Rodulphe, ton frère germain ». Elle explique aussi pourquoi Pierre quitte la place : il en est retiré parce qu'il est « appelé à d'autres services de notre curie » (la cour royale).
Acte primaire AD13, série B, registre B13, vues 0159-0161 : « Cassatis Castellanie et Capitanie predicte, dicto nobili petro Radulphi germano tuo … ipsius Castellano et Capitaneo castri predicti … ab eo ad alia curie nostre servitia revocato ». L'exécutoire du sénéchal Tanguy du Chastel, donné à Aix le 12 novembre 1441 (vues 0160-0161), porte « no[bili] petro Radulpho tuo germano ».
Avril-mai 1444La viguerie d'Hyères devient vacante
Dans la ville haute d'Hyères, une rue ne paie rien. La rue Franche court de la porte Saint-Jean au portail de la Souquette, et ses habitants sont exemptés de toute taxe depuis la reine Jeanne, à charge de tenir le guet et la garde des remparts. Le privilège a été confirmé en 1388, en 1399, en 1408, et ratifié par le roi René en janvier 1438. Les officiers de la cour royale d'Hyères imposent la rue quand même. Ils font jeter en prison, les fers aux pieds, un habitant nommé Jean Avignon, qui rachète sa liberté pour dix florins.
La chambre des maîtres rationaux, la cour des comptes du comté de Provence, siège à Aix. Elle tranche en trois jours. Le 1er avril, elle ordonne de libérer Jean Avignon et de lui rendre les clés de sa maison. Le 3, elle écrit aux officiers qu'elle a reçu leur conduite « non pas avec plaisir, mais avec un très grand déplaisir », leur défend d'exiger les dix florins et leur ordonne d'envoyer à Aix la procédure entière, close et scellée.
Le viguier Antoine Thomassi obéit et fait porter le dossier à Aix, sous sa signature et avec ses pleins titres. Trois semaines plus tard, un mandement d'Aix l'appelle « autrefois viguier d'Hyères » et lui ordonne de rendre à Jean Avignon la ceinture et l'épée qu'on lui avait prises. Le 9 mai, quand il vient s'exécuter, il remet les objets entre les mains du juge de la cour royale, que l'acte appelle « ledit juge et viguier » : le juge exerce les deux charges.
Acte primaire AD13, série B, liasse B 1190, le dossier de procédure envoyé à Aix : mandement d'élargissement, vue 0010 (Aix, 1er avril 1444). Lettre de blâme « Non gratanter habuimus sed displicibiliter plurimum », vue 0040 (Aix, 3 avril). Notification au viguier en exercice, vue 0039 (6 avril). Lettre d'envoi du procès souscrite « ville Arearu[m] vicari[us] et capit[aneus] », vue 0057 (Hyères, 18(?) avril). Puis vues 0015 et 0016 (Aix, 6 et 9 mai 1444) : « nob[i]l[i] Anthonio Thomassii, olim vicario Arearum », et l'acte d'exécution devant le juge. La cause du départ n'est écrite nulle part : révocation, fin de mandat, retrait ou décès se lisent tous de la même façon dans un olim.

7 juin 1444Pierre Rodulphe reçoit la viguerie d'Hyères
D'Angers, le roi René donne au baron la viguerie d'Hyères : il y exercera la justice royale, en alternance avec un autre officier dont le nom ne figure pas dans l'acte.
La place était vacante depuis le début du mois de mai. Dix jours plus tard, le roi l'institue aussi châtelain du château d'Hyères.
Acte primaire AD13, série B, registre B13, vues 0412-0414 : la viguerie est donnée « annis alternativis » (en années alternées), sans que l'autre titulaire soit nommé. Enregistrement à Aix en mars 1446 (nouveau style), dans le même dossier que l'institution du châtelain.
17 juin 1444Pierre Rodulphe devient châtelain par un nouveau gage
Pierre Rodulphe, dit le baron, frère de Jean, devient châtelain par un nouveau gage.
D'un monastère près de Tours, René renouvelle le gage du château et de la gabelle du sel, et c'est Pierre qu'il institue châtelain, pour la durée du gage. Le roi lui doit 8 000 florins, repris sur la créance napolitaine de Beauvau, et lui donne en garantie le château et la gabelle. Les lettres sont motivées par ce crédit, et ne portent aucune clause de service ni de sanction. Le 7 juin, le roi lui avait donné la viguerie d'Hyères : les deux lettres forment un seul dossier, enregistré ensemble à Aix.
Acte primaire AD13, série B, registre B13, vues 0404-0414, un dossier suivi : vue 0410 pour l'institution, « nobili viro petro rodulphi, alias le baron, scutiffero Regio » (au noble Pierre Rodulphe, dit le baron, écuyer du roi), vues 0404-0405 pour la confirmation notariée. Enregistrement à Aix en mars 1446 (nouveau style). Les actes ne disent jamais « Hyères » : ils écrivent le nom latin de la ville, Areae, « ville arearum ».
Aussi dans Les châtelains d'Hyères (1257-1620)

vers 1445Le baron enquête sur les fiefs nobles
Le roi charge deux de ses conseillers, « messire Jehan le Allemant » et « le baron capitainne dyerres », de rechercher en Provence les fiefs nobles passés à des roturiers. Les détenteurs doivent payer pour les garder : l'enquête rapporte 9 235 florins au roi.
Acte primaire AD13, série B, registre B14, vue 0354 : quittance de Guillaume Tournemille, secrétaire du roi, donnée à Angers le 24 septembre 1455, qui place l'enquête « dix ans y a ou enuiron », le roi étant alors en Provence. Le nom du premier commissaire est de lecture incertaine. Le titre de capitaine d'Hyères est celui que le baron porte en 1455, pas forcément vers 1445. La même mission revient en 1449, quand il est commissaire à la réformation des châteaux féodaux.
juin-octobre 1446Jean Rodulphe, capitaine de Brégançon, payé sur Hyères
Le roi fait payer à Jean Rodulphe, capitaine de Brégançon, cinq cents florins de gages par an, sur la recette d'Hyères.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14 (journal des dépenses du roi René), fol. 46 v°, chapitre « Pensions et gaiges » : « Mand. au viguier (?) d'Yeres de payer a Jehan Raoul, capp[itai]ne de Bregançon, pour ses gaiges chascun an vc fl. » Le mandement n'est pas daté : ses voisins sont de juin à octobre 1446. Les comptes du roi écrivent le nom en français, Raoul.
janvier 1448Le baron, capitaine de la marine de Provence
René fixe à trois cents florins par an les gages du baron comme capitaine de la marine de Provence, la charge qui commande la défense de la côte.
Les gages courent « du jour de son institution », sans que l'acte en donne la date.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, fol. 127 r°, chapitre « Gaiges et pensions » : « Mandement audit tresorier de paier au baron, cappitaine de la marine de Provence, la somme de iij c flor. pour ses gaiges dudit office chascun an », donné à Pertuis (lecture incertaine) le 22 (lecture incertaine) janvier 1447, l'année commençant alors à Pâques.
vers le 10 mai 1448Des lettres pour l'évêque et le capitaine, à Toulon et à Hyères
Un courrier du roi part d'Aix « a Tholon et Yeres porter lettres dudit seigneur a l'evesque et cappitaine desd. lieux ». Ce ne sont pas des lettres au seul baron : elles vont à l'évêque de Toulon et au capitaine, sans qu'aucun des deux soit nommé. Deux semaines plus tard commencent les lettres que le roi adresse au baron sur la marine de Provence.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, journal des dépenses du roi René, fol. 112 r° (vue 2959), parties payées par l'argentier Jehan de Charmeres, mai 1448. L'article ne nomme ni l'évêque ni le capitaine, et ne dit pas si ce capitaine est celui d'Hyères.
mai-décembre 1448Les lettres du roi au baron
Le journal des dépenses du roi René paie, mois après mois, les courriers qui portent ses lettres au baron. Fin mai, une lettre l'avertit « d'aucunes choses touchans le fait de la marine de Provence ». Le 28 juin, un poursuivant va « a Yeres devers le Baron » sur le même sujet. Début août, un messager porte aux capitaines d'Hyères et de Brégançon des ordres sur la garde de leurs places. Fin décembre, une lettre lui parle « du fait des galées ».
Entre-temps, le 16 juillet, le roi lui rembourse dix florins de vaisselle d'argent, « a Pierre Raoul, alias le Baron ». Les lettres continuent jusqu'en février 1449.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, journal des dépenses du roi René : fol. 114 r° (fin mai 1448), 116 v° (28 juin), 118 v° (16 juillet), 120 v° (vers le 5 août), 151 r° et 152 r° (octobre), 157 r° (fin décembre), 159 v° et 160 v° (début 1449), 162 v° (mars 1449). Les lettres d'octobre l'appellent « cappitaine general de la marine ».
27 août 1448Cent florins pour la garde de Brégançon
D'Aix, René fait remettre cent florins au baron pour payer des hommes qui renforcent la garde du château de Brégançon, en plus de la garnison ordinaire.
C'est le seul article du journal des dépenses du roi qui donne à la fois le nom et le surnom : « Petrus Radulphi, alias le Baron ».
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, fol. 139 r°, mandement aux maîtres rationaux daté d'Aix le 27 août 1448 : « nobili Petro Radulphi, alias le Baron, florenos centum tradendos certis hominibus pro custodia castri nostri de Bregansono ultra ordinariam custodiam [inibi] deputatam » (au noble Pierre Rodulphe, dit le Baron, cent florins à remettre à certains hommes pour la garde de notre château de Brégançon, en plus de la garde ordinaire qui y est affectée). Le mot entre crochets est de lecture incertaine.
10 octobre 1448Le roi fait inspecter les réparations du château
René envoie à Hyères Jehan le Rouge, un officier de ses finances, « pour veoir les reparacions faictes audit lieu par le baron ». Il y passe cinq jours. Les travaux sont donc faits, ou bien avancés, et le roi veut savoir ce que valent les sommes dépensées.
Le compte se règle l'été suivant. Le 22 juillet 1449, le roi rembourse au baron 1 532 florins de réparations déjà faites au château d'Hyères et lui en avance 1 000 pour celles qui restent à faire, soit 2 532 florins pour le château. Le même acte y ajoute 200 florins que le baron avait prêtés au roi et 300 de gages : 3 032 florins en tout, à prendre sur la traite du sel de Toulon et d'Hyères.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, journal des dépenses du roi René, fol. 151 r° (vue 2998), parties payées par l'argentier Jehan de Thouars, octobre 1448 : « A Jehan le Rouge ledit jour, v f°, pour sa despence allant a Yeres, ouquel voiaige il a vacqué par cinq jours tant sejournant que retournant, pour veoir les reparacions faictes audit lieu par le baron ». Lecoy de la Marche, qui cite le passage, imprime « pourveoir » : le manuscrit porte « pour veoir ». Assignation de juillet 1449 : même registre, fol. 124 v°.
Aussi dans Les châtelains d'Hyères (1257-1620)
Le roi fait inspecter les travaux du château d'Hyères
Le roi René paie cinq florins à Jehan le Rouge, l'un de ses officiers de finances, pour un voyage de cinq jours à Hyères. Il y va « pour veoir les reparacions faictes audit lieu par le baron ». Pierre Rodulphe a fait réparer le château à ses frais, et le roi envoie vérifier ce qui a été fait.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, journal des dépenses du roi René, f° 151 r°. Lecoy de la Marche, qui publie l'article (Extraits des comptes et mémoriaux du roi René, 1873, doc. 387), imprime « pourveoir » là où le manuscrit porte « pour veoir » : il s'agit d'inspecter des travaux faits, non de les commander.
Aussi dans Les châtelains d'Hyères (1257-1620)
11 novembre 1448Pierre Rodulphe passe en revue les hommes de Toulon
Toulon paie vingt-cinq florins au « noble et éminent homme Peyre Raols, dit le baron, châtelain du château royal d'Hyères et capitaine général des lieux maritimes de ce pays de Provence », pour les frais de sa venue. Il est là pour la montre, la revue des hommes en armes de la ville et de ses fortifications. Il cumule alors la garde d'une forteresse côtière et le commandement de la défense maritime du comté.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB41, vue 277, page de gauche. Gustave Lambert attribuait cette revue et ces titres à Elion de Glandevès. Le manuscrit nomme Peyre Raols, forme provençale du nom que les actes latins écrivent Rodulphi. Son propre relevé du registre donnait pourtant l'acte à Pierre Roux : l'erreur est dans son récit, pas dans son dépouillement.
vers le 6 mars 1449Le roi René à Hyères
Au début de mars 1449, la cour du roi René est à Hyères. Le 6, ses courriers en partent pour Marseille, Avignon et Arles, et un page fait l'aller-retour jusqu'à Toulon, où le roi offre une pipe de vin aux hommes de la galère royale. Puis la cour passe à Toulon, et de là à Marseille. C'est la seule présence de René à Hyères que les sources attestent.
Le séjour tombe en pleine alerte : quelques jours plus tard, la nouvelle arrive que les galères catalanes sont entrées dans le golfe de Fos. Le journal ne dit pas où loge le roi, ni combien de temps il reste. Il vient voir une place que le baron a remise en état depuis l'année précédente, et trois mois plus tard le baron siège à son conseil.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, journal des dépenses du roi René, fol. 162 v° (vue 3010), mars 1448 ancien style : « venant d'Yeres a Masseille », « allant d'Yeres en Avignon », « allant dudit lieu d'Yeres en Arle », « venir d'Yeres a Tholon et retourner dudit lieu de Tholon a Yeres ». L'itinéraire de Lecoy de la Marche ne place jamais René à Hyères, et le fait à Toulon le 8 mars 1449.
Aussi dans Les châtelains d'Hyères (1257-1620)
30 avril 1449Pierre Rodulphe est fait commissaire du roi
Pierre Rodulphe, capitaine général de toute la côte de Provence, est aussi l'un des deux commissaires du roi à la réformation des châteaux féodaux : il vérifie que les fiefs du comté sont bien tenus par des nobles, et qu'aucun seigneur n'en a vendu une part à une communauté d'habitants sans l'accord du roi.
Acte primaire AD Var, E 816, protocole d'Antoine Malet, notaire à Barjols, f° 8 v° - 10 r° (vues 011-012) : « magnificus et potens vir Petrus Rodulphi alias lo baron capitaneus generalis totius maritime huius predicte patrie ». L'acte est passé « in dicta villa de Sancto Maxi[min]o », en l'absence de l'autre commissaire, Jean la Silve, seigneur de Rivière et chambellan. La communauté de Trets avait acheté à Agoult d'Agoult, seigneur de Roquefeuil, pour 400 florins, le droit de couper du bois, de faire paître et de ramasser les glands dans le défens de Vissano. Les commissaires l'avaient saisi au nom du roi, la vente s'étant faite sans son accord contre un statut royal qui interdit aux nobles de céder leurs biens à une communauté. Le baron rend le droit à Trets contre 200 florins versés au roi. Le résumé d'inventaire de cet acte nomme le baron « Pierre Roux, dit le Baron » et place l'acte à Trets. La nature de la commission est donnée par AD13, série B, registre B14, f° xlvij-xlviij (vues 0099-0102), lettre de René datée de Tarascon le 9 juillet 1449 : « petro Rodulphi dicto le baron, capitaneo castri nostri … Commissariis deputatis a nobis super reformatione castrorum feudalium ». Le roi y casse, contre mille florins, la saisie par les deux commissaires des châteaux de Guillaume de Rosset, trésorier général de Provence, qu'ils disaient non né de noble lignage. La capitainerie y est citée sans nom de lieu. La lettre est datée du 9 juillet, douzième indiction, an 1449, quinzième année du règne : les trois éléments concordent.
22 juin 1449Mille livres pour marier une fille
À Tarascon, le roi donne au baron mille livres « pour aider a marier une de ses filles ».
L'acte ne nomme pas la fille. Le lendemain, le baron siège au conseil du roi, avec les sénéchaux de Provence et d'Anjou.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, fol. 131 r°, chapitre « Dons » : « au baron ml livres que le Roy lui a donné pour aider a marier une de ses filles », fait à Tarascon le 22 juin, le sénéchal d'Anjou présent. Le millésime n'est pas répété, mais les articles voisins sont de juin et juillet 1449. Présence au conseil du 23 juin 1449 : même folio, « et le baron ».
22 juillet 1449Le château d'Hyères a coûté plus de 1 500 florins
À Tarascon, où le baron avait siégé en juin au conseil du roi, René fait le compte de ce qu'il lui doit : 1 532 florins pour les réparations faites au château d'Hyères et 1 000 pour celles qui restent à faire. Il lui doit aussi 200 florins prêtés et 300 de gages de capitaine général de la marine, soit plus de 3 000 florins en tout. Pour le rembourser, le roi lui laisse pendant cinq ans le droit de vendre le sel des salins de Toulon et d'Hyères à l'exportation.
Pour comparer : en 1499, on traite pour 308 florins la reconstruction de la tour ruinée de l'embouchure du Gapeau.
Acte primaire Archives nationales, P 1334/14, journal des dépenses du roi René, f° 124 v°, chapitre « Debtes » : « Primo mille quingentos xxxij f° ij g° pro reparacionibus factis in castro Arearum. Item mille florenos pro reparacionibus fiendis in eodem castro » (d'abord 1 532 florins 2 gros pour les réparations faites au château d'Hyères, ensuite mille florins pour les réparations à faire dans ce même château), total en marge de 3 032 florins 2 gros. Lettres données au château de Tarascon le 22 juillet 1449. La présence du baron au conseil se lit dans les mandements de juin, aux f° 124 v° et 125 r° (« presens … et le baron »). Pour la tour : prix-fait du 1er septembre 1499 entre Fouquet de la Tour et le tailleur de pierre Domergue Nathe, connu par David Ollivier, « La tour du Gapeau » (2021).
Aussi dans Les châtelains d'Hyères (1257-1620)
15 janvier 1450Cent florins prêtés à Toulon
La ville de Toulon n'a plus de quoi payer ses créanciers et emprunte cent florins au baron. Le conseil oblige ses propres syndics sur leur personne pour garantir la dette, puis gèle la somme : pas un denier ne sera dépensé, sauf pour l'horloger de la ville et le guetteur du beffroi. C'est un emprunt de défense.
Dans les mêmes semaines, la ville achète au baron trois cents salmées de blé « de la mesura Dieras », la mesure d'Hyères, et envoie un homme le recevoir là-bas. Le registre l'appelle « mossen lo baron castellan Dieras » : jamais de nom, seulement le surnom et la charge.
Le 29 janvier, le conseil promet de lui rembourser à la Saint-Michel ces cent florins avec une dette plus ancienne.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB41, vues 326-327, délibérations des 15, 25 et 29 janvier 1450. Le montant de la dette ancienne est lu cent florins sur le registre (f° 336v) et 350 florins 6 gros par l'inventaire.
6 février 1450Quatorze galères catalanes s'apprêtent à passer
Le syndic Honorat Rodilhat porte au conseil de Toulon les ordres du baron, qu'il désigne ici comme « châtelain, seigneur et capitaine général de la marine » : le baron tient de source sûre que quatorze galères armées de Catalans s'apprêtent à faire le passage. La guerre de course entre l'Aragon et la Provence angevine fait de ce littoral une frontière, et du château d'Hyères une vigie.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB41, vue 331 : « xiiij galeas armadas de catalans que devan far la passada ». Le chiffre aligne trois jambages brefs puis un j final, sous quatre tildes dont les deux derniers se chevauchent presque, ce qui le fait lire treize au premier coup d'œil. Le compte du trésorier, qui paie vingt florins au messager porteur de la nouvelle, porte le même chiffre, et le résumé du XIXe siècle aussi.
24 juin 1450Le prieuré de La Crau est disputé
Pierre Rodulphe écrit lui-même au conseil de Toulon une lettre close, scellée et réservée à ses destinataires. Ce n'est pas une lettre du roi transmise par lui, mais un ordre du capitaine d'Hyères à la ville voisine, appuyé par des lettres du sénéchal, premier officier du comte en Provence. Le conseil obéit « en révérence » de cette lettre et défend de s'immiscer dans l'affaire pendante entre le chapitre de Toulon et le vicaire de Saint-Paul d'Hyères. L'enjeu est le prieuré de Notre-Dame de la Crau, c'est-à-dire les revenus de l'église et de ses terres. La Crau est déjà un terroir assez peuplé pour que deux institutions religieuses s'en disputent le produit.
La ville fait connaître la lettre aux chanoines, qu'elle vise d'abord, et envoie un syndic et un conseiller porter sa réponse au capitaine.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB41, vue 337, page de gauche (f° 346v) : « vista alcuna letra clausa mandada p[er] lo magnific home Peyre Ros alias lo baron ». Le registre toulonnais écrit le nom à la provençale : « Peyre Ros alias lo baron capitani del castel Dieras ». L'inventaire des archives de Toulon traduit cet alias par « autrefois ».

octobre 1450Toulon doit 270 florins au capitaine d'Hyères
Le conseil de Toulon ordonne de payer à « mossen lo capitani d'Yeras » 270 florins qui lui sont dus par acte notarié, et envoie un syndic, Bertran Texenier, les lui porter. La dette de la ville envers le baron court bien au-delà des cent florins de janvier.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB41, vue 351, page de droite : « fia pagat a moss[en] lo capitani d'[Y]eras .ij.c lxx flor[ins] … que li son deguts com a par [per acte] public pres per la man de m[aistr]e Johan Raymondin ». Le registre ne nomme pas le capitaine. La séance ne porte pas de millésime lisible. Sa place dans le registre, juste avant les séances des 15 et 17 octobre et sans nouvelle élection du conseil depuis juin 1450, la met en octobre 1450. Une séance voisine se dit tenue le « dimanche 3 octobre », jour qui ne tombe un dimanche qu'en 1451 : on y voit une erreur du scribe, qui se trompe ailleurs sur le même quantième.
17 mai 1451Le baron reconnaît la dot de Pollixène
Pierre Rodulphe reconnaît avoir reçu la dot de sa femme, Pollixène d'Abisse : deux cents ducats. Ce n'est pas la date du mariage. Une telle reconnaissance se passe souvent des années après les noces, et leurs filles sont déjà en âge de se marier.
Source secondaire Robert de Briançon, L'État de la Provence dans sa noblesse, 1693, t. II, p. 607, sans cote de l'acte.
1453-1454Deux filles du baron se marient
Vione épouse Simon de Damian en 1453, et Cardone Hélion de Villeneuve en 1454. Le baron a au moins quatre filles mariées : les deux autres, Isabelle et Pollixène, entrent chez les Grasse, l'une à Bormes, l'autre au Bar ou au Mas selon les auteurs.
Le testament de leur père, tel que nous le connaissons, ne les nomme pas : le copiste de 1622 a sauté les feuillets des legs aux filles. Il cite seulement un gendre, Pierre de Grasse.
Source secondaire Pithon-Curt, Histoire de la noblesse du Comtat Venaissin, 1750, t. III, p. 99 et arbre p. 147, qui écrit « Vienne » et ne date que le mariage de Cardone. Chaix d'Est-Ange date de 1453 celui de « Vione, fille de Pierre, conseiller du Roi ». Robert de Briançon (1693, t. II, p. 607) donne les quatre alliances, Villeneuve des Arcs, Grasse de Bormes, Grasse du Mas et Damian du Vernègue, sans dates. Aucun contrat de mariage n'est connu.
14 juillet 1453Une lettre « de mandat » du capitaine d'Hyères
Toulon rembourse à un conseiller, Honorat Rodelhat, deux gros payés au messager qui a porté une lettre « de mandat de mossen lo capitanius d'yeras lo baron ». Le baron donne toujours des ordres à la ville voisine. Rodelhat est l'homme qui, en 1450, avait porté au conseil son avertissement sur les galères catalanes.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB42, f° 49v (vue 51, page de gauche). C'est la dernière mention toulonnaise du surnom. Dans le même article, trois gros pour réparer la serrure de la grande porte du Saint-Esprit, où siège le conseil.
28 août 1454Le prieuré de La Crau devant la cour de Rome
La querelle du « bénéfice de l'église de la Crau » a monté tous les degrés : elle se plaide désormais à Rome.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB42, vue 9 (f° 8), vue 31 page de gauche (f° 29v) et vue 73 page de gauche (f° 71v).
L'argent du capitaine d'Hyères pour le procès de Rome
Pour que l'administrateur de l'évêché de Toulon pousse le chapitre et le vicaire de Saint-Paul d'Hyères à s'accorder dans leur procès pour le prieuré de La Crau, la ville veut lui offrir quarante écus. Elle ne les a pas. Elle les emprunte donc au « capitany Dieras », et deux de ses hommes vont à Hyères les chercher.
Le même mois, selon l'inventaire, Toulon emprunte aussi 720 florins pour payer le capitaine d'Hyères, à qui le trésorier de Provence avait cédé une créance sur la ville.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB42, f° 71v (vue 72, page de gauche) : « se pregon aprest de moss[en] lo capitany Dieras si aquellos vol p[re]star ». Le capitaine n'est pas nommé. Les 720 florins (f° 70v) ne sont connus que par le regeste de l'inventaire.
vers 1455Louis Rodulphe a l'idée de dériver le Gapeau
Louis Rodulphe de Limans, fils de Pierre, a l'idée de dériver une partie du Gapeau depuis les confins de La Crau jusqu'à la ville par un béal (en provençal, un canal d'irrigation). Alphonse Denis, qui a publié une histoire d'Hyères en 1882, raconte que les frères Rodulphe, formés à l'art militaire, examinent, mesurent et nivellent le terrain eux-mêmes. Le frère qui le seconde est vraisemblablement Charles. Les premiers relevés de reconnaissance leur reviennent sans doute : choisir un terrain et le mesurer fait partie des savoirs nobles, hérités de l'art des sièges. Mais le tracé final descend de 2,34 mètres sur neuf kilomètres, soit deux millimètres et demi tous les dix mètres, et une pente pareille ne sort pas d'un coup d'œil sur le terrain. C'est la main de l'homme du métier, qu'ils vont chercher au Luc : maître Jean Natte.
Hypothèse Alphonse Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, d'après un chroniqueur antérieur. Denis écrit « les frères Rodulphe » sans les nommer. Les prénoms des fils viennent du testament de Pierre Rodulphe. Le dénivelé est relevé sur le tracé conservé (Tourtit, 2010). Aucun acte ne documente cette phase, et 1455 est une estimation. La désignation « de Limans » est anticipée : Louis Rodulphe n'acquiert la seigneurie de Limans qu'ultérieurement. Il est nommé ainsi ici par souci d'uniformité avec le reste de la chronologie.
Aussi dans La genèse du Béal (1427-1576)
avril 1456Cent ducats d'or pour le capitaine d'Hyères
Le conseil de Toulon ordonne de satisfaire sous huit jours le capitaine d'Hyères, « créancier de la communauté », et charge le syndic et le trésorier de lui verser cent ducats d'or.
Acte primaire Archives municipales de Toulon, BB42, f° 103v-104 (vue 105) : « capit[aneu]s arearum », puis « [capitaneo] arearum creditori universitatis » et « illos centum ducatos auri ». Aucun nom, jusque dans la souscription du notaire : le baron, capitaine d'Hyères jusqu'en 1464 au plus tard, n'y est désigné que par sa charge.
1458Le roi René ordonne à Hyères de reprendre le projet
Avant la convention de décembre, à une date que les sources ne précisent pas, Louis Rodulphe de Limans et Jean Natte s'adressent directement au roi René, qui donne son accord et ordonne à la ville de réexaminer la proposition. La ville convoque un nouveau conseil.
Source secondaire L'intervention du roi est rapportée par Alphonse Denis (Hyères ancien et moderne, 1882) et par Augias, d'après un mémoire du juge Mabille. Aucune lettre royale de 1457 ou 1458 sur le Béal n'est connue : le registre où elle devrait se trouver, B14, n'a pas de table pour ses derniers folios.
Aussi dans La genèse du Béal (1427-1576)
1ᵉʳ-2 février 1459Le capitaine d'Hyères siège au conseil du roi
À Aix, Pierre Rodulphe assiste à la prise de possession officielle des biens de la reine Jeanne de Laval. L'acte l'y inscrit « petro Radulphi als lobaron, Regij consiliarij » : conseiller du roi. C'est la première fois qu'un acte royal lui donne ce titre. Jusque-là, la chancellerie ne le qualifiait que de commissaire, délégué à une mission précise sans appartenir au conseil permanent.
Sa position y est solide. Ce jour-là, le roi donne à son épouse, sa vie durant, les revenus de la grande tracte du sel, le droit levé sur le sel qui sort des salins et des greniers. La donation annule les rentes que d'autres officiers prélevaient sur ce revenu, et celle du châtelain de Toulon sera supprimée trois mois plus tard. Une seule est expressément préservée : celle de Pierre Rodulphe, que l'acte qualifie de « capitaine de notre château d'Hyères ».
Huit mois plus tard, à Marseille, la formule d'une exemption décrit la scène : le roi commande « de sa propre bouche », entouré de l'évêque de Toulon et de ses conseillers, parmi lesquels figure le baron. Rodulphe ne sollicite donc pas la cour à distance comme un officier de province : il siège dans la pièce où se prennent les décisions.
Acte primaire AD13, série B, registre B14, f° ccxxiij v°-ccxxiiij v° (vues 0452-0454) pour la donation et l'investiture, présentées à la Chambre des comptes le 20 février. La séance de Marseille du 29 octobre 1459 est au f° cclxij (vues 0531-0532), où la clause de commandement nomme, avec lui, Jean du Plessis dit le Borgne et Charles de Castellane, seigneur d'Albagne. Les nobiliaires (Robert de Briançon, 1693 ; Denis, 1882) le disent « conseiller et chambellan du roi René » d'après des lettres du 1ᵉʳ avril 1441 : le conseiller se vérifie ici, dix-huit ans plus tard. Le chambellan n'est attesté par aucun acte.
30 décembre 1459Le roi exempte le baron d'impôt, lui et ses héritiers
À Toulon, René exempte Pierre Rodulphe et ses descendants de toute taille et de tout impôt, pour des biens comptés jusqu'à quatre mille livres.
La décharge ne retombe pas sur les autres habitants : le roi retire six feux sur les quatre-vingt-treize auxquels Hyères est taxée, et c'est son trésor qui perd la somme. La grâce récompense ses services et ceux de ses ancêtres, sans en nommer aucun.
Acte primaire AD13, série B, registre B14, f° cclvj-cclvij (vues 0518-0520) : « P[ro] egregio d[omi]no petro Rodulphi dicto le baron. Exemptio pro bonis suis », lettres données « in civitate nostra Tholoni » (dans notre cité de Toulon). Plafond : « quatuor milia librarum », comptées à quinze gros. Décharge : « foros sex ex nonaginta tribus foris » (six feux sur quatre-vingt-treize). Clauses finales du 17 janvier 1460, souscrites par la reine Jeanne. Le corps de l'acte n'est lisible que par endroits.
1461Trois débiteurs reconnaissent leur dette au baron
Trois hommes, dont Jean de Porcellet, d'une grande famille noble d'Arles, ratifient des obligations, c'est-à-dire des reconnaissances de dette, en faveur de « Pierre Ruffi, vulgo Ros, dit le Baron ». Le baron est leur créancier. On ignore le montant et l'objet de la dette.
Source secondaire Archives communales d'Arles, CC2, connu par le regeste de l'inventaire, qui ne donne ni le jour ni le lieu de l'acte. Les deux autres débiteurs sont Michel Pinhan, « vulgo Pignan », et Honorat Bec. Le regeste accole la forme savante du nom, sa forme provençale et le surnom.
13 février 1461Le capitaine d'Hyères, commissaire du roi à Toulon
L'évêque de Toulon et le capitaine d'Hyères arrivent à Toulon comme commissaires du roi, pour lever le dixième que les communautés lui ont accordé.
Source secondaire Archives municipales de Toulon, BB42, f° 222v-223 (vue 224), connu par le regeste de l'inventaire. Rien ne dit qu'il n'est plus Pierre Rodulphe, qui reçoit le titre de la chancellerie en février et en décembre 1459.
23 juillet 1464Pierre Rodulphe commissaire à la réforme de la justice
De Tarascon, René nomme Pierre Rodulphe commissaire à la réforme de la justice, aux côtés du sénéchal, et lui confie un litige sur les baux du seigneur du Luc, ces locations de terre consenties pour un siècle ou plus, « au Luc et à Hyères ».
Acte primaire AD13, série B, registre B14, f° xliij-xliiij (vues 0091-0093), la date se lisant sur la vue 0093. Instrument notarié consécutif à Avignon le même jour.

août 1464Jean Cossa reçoit le gouvernement du château
De son château de Louppy en Barrois, René donne « sa vie durant » le gouvernement du château et de la ville d'Hyères à Jean Cossa, son lieutenant général (celui qui gouverne la Provence en son nom). Cossa n'ira pas tenir la place : il en nomme lui-même le clavaire (trésorier), le capitaine et le châtelain.
Cossa, comte de Troia, est un Napolitain que René appelle son compère. Les lettres rappellent une donation plus ancienne, dont aucune pièce ne conserve le texte : Cossa tenait donc déjà le château avant août 1464. Elles nomment aussi celui qui exerçait la charge avant lui, à la napolitaine : pietro Ruffi dicto lo baron, « ton prédécesseur ». Les deux mots qui suivent le nom se lisent quondam dum vixit, « feu, de son vivant ». Si cette lecture tient, Pierre Rodulphe est mort entre le 23 juillet, où le roi l'emploie encore, et la fin d'août 1464. Le capitaine que nomme Cossa n'apparaît dans aucun acte. En 1466-1467, le clavaire d'Hyères ne paie plus aucun châtelain : la garde est payée ailleurs.
Acte primaire AD13, série B, registre B15, f° 152v-153 (vues 0318-0319), lettres données à Louppy : « Regimen et gubernationem castri nostri et ville arearum » (le gouvernement de notre château et de la ville d'Hyères), et « pietro Ruffi dicto lo baron » (Pierre Ruffi, dit le baron). Le millésime est tenu pour sûr : les pièces du même envoi (provisions de lieutenant général du 12 octobre, gages du 14 octobre) portent 1464 en toutes lettres. Le quantième (26 ou 27 août) est de lecture incertaine. La clause dum vixit reste incertaine : les deux mots sont abrégés et l'acte n'emploie pas la formule pleine de décès habituelle à cette chancellerie. Aucune pièce ne donne la date de la mort de Pierre Rodulphe. Compte du clavaire de 1466-1467 : AD13, série B, registre B 1927.
Aussi dans Les châtelains d'Hyères (1257-1620), La genèse du Béal (1427-1576)
21 mars 1467Le testament de Pierre Rodulphe
À Hyères, dans la maison des d'Abisse où avait été passée la convention du Béal, Pierre Rodulphe, veuf, se dit « châtelain de la forteresse royale » d'Hyères et fils de feu noble Maurice Rodulphe. Il institue héritier universel son fils Louis, celui qui avait lancé le projet du canal, et choisit sa sépulture chez les frères mineurs (les franciscains) d'Hyères, auprès de sa première épouse Pollixène d'Abisse. Il prend pour exécuteur son beau-frère Giraudin d'Abisse, qui tient pour le roi le grenier à sel de la ville. Il laisse aussi dix-huit florins aux moniales du monastère du Fenouillet, pour faire une cheminée dans leur dortoir.
La date pose problème. Si les lettres de Cossa disent bien Pierre mort en août 1464, le testament ne peut dater de 1467, et le millésime le plus proche qui s'accorde avec tout le reste est le 21 mars 1464. Cet acte est l'unique pièce présentant Pierre Rodulphe vivant après juillet 1464, et ce document n'est connu que par une copie tardive du XVIIᵉ siècle.
Acte primaire Ms. 3424 fol. 13-24, conservé par Avignon Bibliothèques (Ville d'Avignon) – Institut Calvet. Ce n'est pas l'original de 1466 mais un extrait notarié délivré à Tarascon en 1622, collationné et signé par le notaire royal Antoine Rouge : le copiste a abrégé les clauses de style et sauté des feuillets, dont les legs aux filles et au fils cadet. L'acte est daté du 21 mars 1466 : l'année commençait le 25 mars, ce qui donne le 21 mars 1467 dans le calendrier grégorien. Le millésime est net sur la copie, et le style y est nommé par l'acte lui-même. C'est sa cohérence avec le reste du dossier qui fait défaut. Le copiste de 1622 écrit déjà quadragentesimo pour quadringentesimo et n'a pas reporté le quantième lunaire, qui aurait permis de contrôler l'année par le calcul. En 1464, sexagesimo tertio aurait été lu sexagesimo sexto : hypothèse que seul l'original, ou un autre témoin de l'acte, pourrait trancher. Le silence du testament ne suffit pas à écarter la tradition généalogique sur la charge de chambellan, qui la rapporte à des lettres du 1er avril 1441 : ces lettres ne sont pas connues.
Aussi dans La genèse du Béal (1427-1576)
Ms. 3424 fol. 13-24, Avignon Bibliothèques (Ville d'Avignon) – Institut Calvet1480-1482Louis Rodulphe, coseigneur de Cuers par sa femme
Louis, le fils aîné, a épousé Jeanne de Glandevès, qui tient une part de la seigneurie de Cuers. En 1480, « Louis Rodulphe, mari de Jeanne de Glandevès, coseigneur de Cuers » concède un pré. En 1482, Jeanne concède une terre et son mari y est dit seigneur de Limans, en Haute-Provence : c'est la plus ancienne mention de ce titre.
Source secondaire Archives communales de Cuers, DD 7, cartulaire des acapits de la seigneurie, f° 101 (1480) et f° 110 (1482), connus par la notice de l'inventaire de Mireur. Le mariage est antérieur au testament de Pierre, qui le dit consommé et cite le contrat, doté de 2 000 écus d'or.
11 novembre 1484Charles, « alias Baron », viguier d'Arles
À Aix, dans le palais royal, l'archevêque d'Arles prête hommage au grand sénéchal. Parmi les témoins, « Carolo Rodulphi, alias Baron, vicario Arelatis » : Charles, le deuxième fils, est viguier d'Arles, cinquante et un ans après son père, et il porte à son tour le surnom.
À ses côtés témoigne un « Johannes Rodulphi, archidiaconus Forojulii », archidiacre de Fréjus. Ce pourrait être Jean, le fils cadet que le testament de Pierre destine aux ordres. Rien ne l'établit.
Source secondaire Albanès, Gallia christiana novissima, t. III, Arles, 1900, col. 880, d'après un registre d'hommages des archives des Bouches-du-Rhône, f° 9.
31 janvier 1487Les fils s'associent pour agrandir le réseau
Jean Natte est mort après 1463, sans qu'on sache quand. C'est son fils Pierre Natte qui signe, dans une chambre donnant sur l'église Saint-Pierre, une convention de société avec Louis Rodulphe de Limans. Le noble paie : Louis Rodulphe fait bâtir à ses frais une écluse neuve en pierre et ciment sur le Gapeau, un nouveau béal qui descend de cette prise pour rejoindre le canal de 1458 (celui que l'acte appelle La Leuada, du nom du remblai qui le porte), un pont de pierre, et deux bâtiments capables d'abriter quatre moulins.
L'opération renforce l'activité de Pierre Natte sans le déposséder. Il garde en propre son moulin dans les murs de la ville, conserve la maîtrise technique (tout se fera « au lieu, dans le mode et la forme choisis et ordonnés par Natte »), ne prend aucun risque financier, et gagne un associé qui s'engage en plus à le défendre à ses frais dans tout procès sur les moulins. Louis Rodulphe avance l'argent, ne perçoit rien avant l'achèvement, puis prend la moitié des revenus et la moitié des charges.
Acte primaire Archives Municipales d'Hyères, DD29, en deux pièces : DD29-1, six vues, et DD29-2, neuf vues. Daté du 31 janvier 1486 : l'année ne commençait pas au 1ᵉʳ janvier, ce qui donne 1487 dans le calendrier actuel. L'acte réserve la ratification à Marguerite Natte, fille de Pierre. Denis ne comptera que trois moulins construits à la suite de cette convention, là où l'acte en programmait quatre neufs.
Aussi dans La genèse du Béal (1427-1576)
16 mars 1487Charles reçoit le serment de son oncle Giraudin
À Châteaurenard, dans la chambre de derrière de sa maison, Giraudin d'Abisse, le frère de Pollixène, jure de bien tenir le grenier à sel d'Hyères. Il prête serment entre les mains de son neveu, « karoli Rodulphe alias baron, magistri domus Regie » : Charles est maître d'hôtel du roi de France. Les lettres royales l'appellent en français « charles baron, conseiller et maistre dostel du Roy ».
Le surnom du père est devenu le nom sous lequel la cour de France connaît le fils. Giraudin, qui avait été l'exécuteur testamentaire de Pierre, vit alors à Châteaurenard, où il est capitaine.
Acte primaire AD13, série B, registre B21, vue 0211 : serment reçu « jn camera posteriori domus dicti giraudini », notaire Hugues Paris, de Châteaurenard. Enregistré à Aix le 31 mars 1487.
9 avril 1487Louis Rodulphe aux États de Provence
À Aix, les États de Provence se réunissent pour l'union du comté au royaume de France. Le rôle de la noblesse convoquée nomme « Louis Rodulph, seigneur de Limans ».
Source secondaire Honoré Bouche, La chorographie ou description de Provence, 1664, t. II, p. 497-498, d'après un registre des archives royales d'Aix (Pellican, f° 112).
8 juin 1487Charles VIII confirme la franchise du fils
De Troyes, Charles VIII confirme à Louis Rodulphe, seigneur de Limans, la franchise que René avait donnée à son père pour ses biens d'Hyères.
Les lettres rappellent les services du père « en l'estat et office de son conseiller et chambellan ». Elles rappellent aussi deux confirmations antérieures, de Charles III, le dernier comte angevin, et du seigneur de Solliès, gouverneur de Provence pour Louis XI.
Acte primaire AD13, série B, registre B21, f° 64 r-v (vues 0145-0146), « Pro Nobile ludouico Rodulphi domino de limancio confirmacio affranquimenti », enregistré le 15 août 1487. Le roi y écrit « Ludouic Raoul escuyer seigneur de lymans » et parle de ses biens « en n[ost]re ville et seignourie dyeres ».
29 décembre 1487Le testament du seigneur de Limans
L'homme qui avait lancé le projet vers 1455 rédige son testament l'année même où il finance l'agrandissement du réseau. Il meurt sans descendance directe. Ses droits passent à son frère Charles, puis de main en main jusqu'à son petit-neveu Honoré Rodulphe. Vers 1558, Honoré fait authentifier par le notaire François Bruny la convention originale de 1458, permettant à cette copie de parvenir jusqu'à nous. Hyères a conservé les deux noms dans sa toponymie : l'avenue Jean Natte et la rue de Limans, qui suit le tracé du béal intérieur.
Source secondaire Catalogue général des manuscrits, t. XXIX, fonds Cambis-Velleron, Avignon, MS 5424-5427, fol. 25. Connu par la seule notice de catalogue : l'original n'est pas reproduit.
Aussi dans La genèse du Béal (1427-1576)
7 août 1490Charles Baron, enquêteur du roi en Provence
Charles VIII demande au grand sénéchal d'aider « Charles Baron, maître d'hôtel du roi » dans sa mission. Il doit enquêter sur « les piques et divisions qui se mènent entre aucuns des principaux officiers du pays », puis aller à Marseille examiner le curage du port. Charles revient en Provence comme commissaire du roi de France, envoyé de l'extérieur.
Le 4 novembre 1493, des lettres données à Tours le mêlent encore à un procès contre Louis de Villeneuve, seigneur de Séranon.
Source secondaire AD13, série B, B 3319 (Parlement), f° 46 v° (7 août 1490) et f° 76 v° (4 novembre 1493), connus par les regestes de l'Inventaire sommaire de la série B, t. III. Les années ne sont données que par l'inventaire.
mai 1495Charles, seigneur de Limans
Retenu par les troubles de Marseille, le grand sénéchal envoie à la cour son frère et « Charles Raoux, seigneur de Limans, maître d'hôtel du roi ». Charles porte désormais le fief de son frère : Louis est mort, sans enfant de Jeanne de Glandevès, et sa part passe à Charles et à ses descendants.
Le testament de Louis, du 29 décembre 1487, ouvre un long procès entre les descendants de son frère. Charles teste le 30 avril 1517. Son fils Étienne, puis son petit-fils Honoré, tiennent après lui Limans et les droits sur le Béal.
Source secondaire Papon, Histoire générale de Provence, t. IV, d'après un acte du notaire Durneui, à Marseille. Testament de Charles et descendance : Pithon-Curt, t. III, arbre p. 147.
11 mars 1504Cinq moulins tenus par les mêmes familles
Un acte notarié passé à Hyères devant Antoine Giraudi montre le réseau en pleine exploitation. Charles Rodulphe, seigneur de Limans (le frère de Louis) et maître Pierre Natte (le fils de Jean) en sont ensemble les gubernatores, les gouverneurs. Un second Natte apparaît, Damien, qui tient les moulins en ferme : il les exploite contre une redevance. L'acte règle l'entrée d'un quatrième homme dans cette exploitation, le juriste Hugues Rizon, admis pour moitié « comme véritable associé, et non comme fermier », en contrepartie des améliorations qu'il prend à sa charge.
On y compte cinq moulins : sans doute un dans la ville, deux « au-dessus de la ville » et les deux du vieux moulin Premier, sur la route du Gapeau, qui entre dans la même ferme que les moulins du canal. Le notaire écrit en latin, mais les nomme en provençal : lo molin dol may, lo molin nou, lo molin permier, un autre dit de bragueto. Le « moulin neuf » est l'un de ceux que le béal a permis de bâtir. Le bail court cinq ans à compter du 4 mars. Les dépenses (améliorations, réparations, entretien des béals de chaque moulin) se partagent par quart entre les quatre parties, et le produit se divise chaque samedi, moulin par moulin.
Acte primaire Archives départementales du Var, 3E 76/2, vues 008 à 011 (f° vj à viij v°), minutes d'Antoine Giraudi, notaire à Hyères. Acte inédit : il ne figure ni chez Denis (1882), ni chez Maurel (1886), ni dans les dossiers DD de la communauté d'Hyères. Le nom dol may n'est pas assuré (les minimes autorisent aussi mieg, « du milieu »). La date est donnée par l'acte lui-même, qui se place sous Louis XII « roi de France, duc de Milan et de Gênes ».
Aussi dans La genèse du Béal (1427-1576)
10 novembre 1576La ville rachète le dernier tiers
La communauté acquiert des frères Louis et Alexandre Rodulphe, seigneurs de Limans et de Saint-Paulet, la part qui restait à la famille : elle devient seule propriétaire du canal et de ses moulins, cent dix-huit ans après la convention passée avec Jean Natte. Les héritiers des Rodulphe n'y gardent qu'une rente de vingt-six charges de blé par an, qui leur sera encore versée en 1776.
Source secondaire Archives Municipales d'Hyères, DD30 ; Denis, 1882 ; Maurel, 1886. Les deux vendeurs sont les oncles paternels de Claude de Rodulf, institués ses héritiers substituts par testament du 17 avril 1573 (Pithon-Curt, t. III).
Aussi dans La genèse du Béal (1427-1576)

